5 tendances pandémiques en développement de publics

Voici quelques tendances en développement de publics que j’ai notées pendant cette pandémie de la COVID-19. Avec un peu de chances, certaines d’entre elles lui survivront :

Un accès accru à l’art : au lieu d’attendre que le public vienne à eux comme c’est normalement le cas, les artistes sont allés vigoureusement à la rencontre du public d’une variété de façons. En ligne, bien sûr, en offrant des prestations à partir de leurs demeures sur les réseaux sociaux, en investissant des ciné-parcs pour y accueillir leurs adeptes à l’abri dans leurs voitures, des rues ou des parcs pour y offrir des performances respectueuses des consignes sanitaires, etc. Au fil du temps, la gratuité de certaines prestations a été remplacée par la diffusion de spectacles à partir de plateformes numériques payantes, mais les prix des billets demeuraient bien en-deçà de ceux chargés normalement pour une présence en salle.

L’empathie : la pandémie a démontré que plusieurs secteurs de notre économie, y compris celui des arts et de la culture, sont vulnérables et dépendent d’activités soutenues pour survivre. L’éclairagiste, la comédienne, le préposé au bar, la serveuse, le vendeur, la gestionnaire du centre culturel et combien d’autres ont été contraints ces derniers mois de remettre en question leurs choix de carrières, de se soucier de leur capacité d’assurer leur avenir et de veiller au bien-être de leurs familles à cause de la perte de contrats, de la mise en berne de leurs programmations et du ralentissement économique. On a senti que bien des artistes ont compris ces enjeux et que le public en a fait autant à leur égard. Cette solidarité, si elle est maintenue, peut mener au développement de rapports encore plus étroits entre les créateurs, les diffuseurs et leurs publics. Si on en revient simplement à la bonne vieille relation mercantile prépandémique (« J’ai un show. Veux-tu acheter un billet ?»), toute cette bonne volonté disparaitra.   

L’ingéniosité : il est possible de créer et de diffuser de l’art par des moyens autres que ceux utilisés traditionnellement et par le fait même, de courtiser de nouveaux publics. Vous avez entendu parler sans doute d’artistes d’ici qui ont offert des performances en ligne et recruté de nouveaux admirateurs ici et là sur la planète. Le défi demeure encore la monétisation de cette offre numérique, mais il semble en voie de se résorber. Je ne crois pas que le milieu artistique ait eu tant à se réinventer qu’à s’adapter à un nouveau contexte. Le changement a été brutal, c’est certain, mais le milieu a démontré qu’il pouvait faire preuve d’ingéniosité et d’un bon sens des affaires. J’espère que quelqu’un documentera tout ça pour que toutes ces mesures inspirent la prochaine génération qui sera confrontée à un défi similaire.

La patience : il est tentant dans une période comme celle-ci de chercher noise à autrui en réponse à nos propres insécurités et frustrations. Nous voulons tous retrouver nos conditions de vie et de travail prépandémiques le plus rapidement possible, mais les événements nous démontrent que cela pourrait prendre plus de temps que prévu et que le retour à la normale tant espéré sera sans doute quelque peu différent de celui que nous connaissions au début de 2020. Je vois des organismes artistiques qui planifient une reprise partielle de leurs activités publiques dès le début de 2021, ce qui ne sera sans doute pas possible à cause de cette deuxième vague virulente de la COVID-19. Je comprends l’empressement, mais il me semble futile de vouloir forcer les choses. J’ai écrit ailleurs que les foules ne se bousculeront pas aux portes des lieux de diffusion de sitôt. Je ne prône pas l’inactivité, au contraire. L’adaptation en cours doit se poursuivre. La créativité et les relations avec les publics doivent être soutenues. Pour l’instant, grâce à la vaccination, l’automne 2021 semble un horizon plus réaliste pour une reprise progressive des activités artistiques traditionnelles en personne.

La résilience partagée : la pandémie aura permis à plusieurs personnes, issues du secteur ou d’ailleurs, de s’exprimer sur l’apport important des arts et de la culture à notre société. Ne plus être en mesure d’aller au théâtre, d’assister à un concert ou de se rendre au cinéma à sa guise va provoquer ce genre de réflexion. Tant mieux ! Profitez de l’attention qui vous est accordée pour rendre la pareille aux autres secteurs qui font partie de votre écologie, comme celui de la restauration, vos partenaires, etc. Identifiez ceux qui vous concernent et saluez-les. Ils vous rendront la pareille, si ce n’est déjà fait.  

Sur ce, je nous souhiate tous une année 2021 remplie de projets porteurs d’avenir. Bonne année !

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