La quête du plaisir : la principale source de motivation des consommateurs d’arts et de culture canadiens

Les Canadiennes et les Canadiens sont des omnivores culturels et leur principale motivation pour consommer des produits ou participer à des activités artistiques et culturelles est la quête du plaisir.

C’est ce qui ressort d’une étude pancandienne sur les dispositions, les motivations et les obstacles à la participation des consommateurs aux arts et à la culture rendue publique en juin dernier par l’organisme Business for the Arts. Cette enquête a été réalisée par l’entreprise américaine Culture Track qui se spécialise dans l’étude des comportements des publics culturels. C’est la première fois qu’elle réalise une recherche de ce genre au Canada.

Les données ont été recueillies à l’aide d’un sondage en ligne auquel 6 444 personnes ont répondu, dont 1 011 Québecois. Vingt pour cent (20 %) des répondants étaient francophones.

Les éléments suivants ont retenu mon attention.

Les activités artistiques et culturelles préférées des personnes qui ont pris part à l’étude sont…

  • Les festivals communautaires : 73 %
  • Les expériences gastronomiques : 68 %
  • Les sites historiques : 66 %
  • Les festivals musicaux : 56 %
  • Les spectacles d’humour : 55 %
  • Les musées de sciences naturelles : 52 %
  • L’art civique : 51 %
  • Le théâtre : 50 %
  • La musique classique : 40 %
  • L’opéra : 22 %
  • La danse (ballet) : 21 %

Les répondants perçoivent que les arts et la culture contribuent au développement d’un sens d’appartenance communautaire, d’affinités qui mènent à l’empathie et à la découverte de nouveaux points de vue.

N’en déplaise à certains, les amateurs d’arts et de culture aiment s’amuser. Cette quête du plaisir s’articule autour de la socialisation, des interactions et du dynamisme artistique. Ils aiment aussi découvrir et apprendre de nouvelles choses et participer à des activités qui réduisent leur niveau de stress.

Parmi les obstacles qui nuisent à leur participation, il y a les suivants :

  • La perception que ce qui est proposé n’est pas pour des gens comme eux.
  • Les coûts élevés des billets, produits et frais d’entrée.
  • Les distances à parcourir (l’éloignement).
  • Le manque de conscience (Je n’y ai pas pensé).
  • Des horaires qui ne conviennent pas.

Soixante-cinq pour cent (65 %) des répondants autochtones et des personnes de couleur sont plus susceptibles de ne pas participer aux activités proposées parce qu’elles ne sont pas représentatives de la diversité.

Pour rejoindre les 21 à 35 ans (les milléniaux), il faut privilégier les publicités sur les réseaux sociaux (note : ce n’est pas la seule approche à considérer pour cette clientèle).

Les répondants s’informent d’abord en faisant de la recherche en ligne et sur les réseaux sociaux.

Puis, pour solliciter l’engagement du public et forger des rapports soutenus avec lui, les organismes artistiques et culturels doivent gagner sa confiance, faire preuve de gentillesse et de constance.

Quelques observations personnelles :

  • Il n’y a rien de nouveau dans cette étude. Le plaisir a toujours été une considération importante lorsque les gens s’offrent une sortie culturelle. Il en va de même pour les obstacles à la participation.
  • Cependant, les organismes artistiques et culturels et les artistes peuvent en tirer des enseignements qui ont trait au développement des publics : il est possible de joindre l’utile à l’agréable pour capter l’attention des gens, notamment en combinant gastronomie (bouffe et breuvages) et événement artistique ; la gentillesse et l’empathie l’emportent sur l’impatience et l’égocentrisme ; les publics qui vous aimeriez accueillir ou courtiser se trouvent dans un rayon de quelques kilomètres autour de vous ; pas de diversité sur scène ou dans votre programmation = pas de diversité dans la salle ; il est possible d’atténuer les obstacles à la participation en adaptant vos messages aux intérêts des gens que vous courtiser, en tenant compte de leur capacité de payer, en facilitant leurs déplacements, en allant à leur rencontre et en proposant des horaires flexibles (ex., des matinées, des représentations plus tôt en soirée).

Je vous recommande la lecture de cet article rédigé par l’Association canadienne des organismes artistiques (CAPACOA) pour obtenir un autre son de cloche sur cette étude.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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