4 obstacles à la fréquentation des arts et des solutions possibles

L’Association canadienne des organismes artistiques (CAPACOA) a publié récemment un article fort intéressant sur les obstacles à la fréquentation des arts.

Les sondages nationaux suggèrent qu’une forte proportion de la population canadienne assiste à des spectacles. Cependant, plusieurs diffuseurs se plaignent d’avoir de plus en plus de difficulté à remplir leur salle. Que doit-on comprendre de ces faits contradictoires?

En se référant à trois études canadiennes parues en 2016 et en 2017, CAPACOA a identifié quatre freins à la participation aux arts :

  • La non-pertinence : « Le principal obstacle est le manque d’intérêt ou le manque de pertinence (ce n’est pas pour moi). L’absence d’intérêt peut venir d’une méconnaissance des arts, de perceptions erronées ou encore d’un réel désintérêt. »
  • Le manque de temps : « Les Canadiens se sentent de plus en plus pressés en raison du temps de déplacements entre la maison et le milieu de travail, ainsi qu’en raison du travail au-delà de 50 heures par semaine. »
  • Les coûts : « Les niveaux de vie se sont détériorés principalement en raison de l’accroissement des écarts de revenu. La classe moyenne se sert de plus en plus la ceinture et son revenu disponible pourrait s’avérer insuffisant pour soutenir une fréquentation plus assidue; les personnes mieux nanties, quant à elles peuvent s’offrir autant de billets de spectacle qu’elles le désirent mais elles font face aux mêmes contraintes de temps que tous les autres. »
  • L’état de santé : « Les problèmes de santé et l’incapacité représentent un obstacle à la participation pour 9 % des Canadiens. Avec le vieillissement de la population, ce pourcentage va s’accroître. La question de l’accessibilité est donc appelée à devenir une priorité grandissante pour le secteur du spectacle. »

CAPACOA propose quelques pistes de solutions à ces barrières, auxquelles j’ajoute les miennes.

  • La non-pertinence : l’Association suggère que « les diffuseurs devraient envisager à la fois des changements dans la programmation et dans les stratégies de marketing. » J’appuie ce point de vue en l’étoffant davantage. Si vous constatez que vous rejoignez constamment les mêmes publics, il y va fort à parier que votre offre intéresse peu d’autres pans de la population. Vous pouvez passer outre ou consulter votre mission. Y dit-on que vous desservez un ou des publics en particulier ou existez-vous pour desservir une communauté élargie ? Par ailleurs, la pertinence d’une œuvre ou d’une activité provient des liens que les publics visés perçoivent entre leurs intérêts et ce que vous proposez. Vous pouvez les aider à établir ces liens en parlant ouvertement de votre spectacle, de votre produit ou de votre événement tout au long de vos préparatifs jusqu’à son dévoilement et au-delà.
  • Le manque de temps : cet obstacle peut être un synonyme aussi de manque d’intérêt (vous en savez quelque chose puisque vous vous êtes servis de cette excuse à un moment donné pour refuser une invitation ou laisser tomber un engagement). CAPACOA suggère que « les diffuseurs de spectacles expérimentent avec les heures de représentations (par exemple, sur l’heure du midi ou en fin d’après-midi) ou encore présenter des spectacles ou des interventions dans des milieux de travail ou dans des endroits publics. » Peu importe ce que vous choisissez de faire, consulter vos clientèles d’abord !
  • Les coûts : avouons-le, les arts sont dispendieux. C’est inévitable. Les personnes qui créent ou interprètent des œuvres et celles qui les soutiennent veulent gagner honorablement leurs vies et force est de constater que les subventions ne couvrent pas tous leurs frais. Il faut donc vendre et générer des revenus ! Parmi les approches à considérer, il y a les suivantes : pour les ados et les jeunes adultes, essayez de vous en ternir aux coûts approximatifs d’une sortie au cinéma ; pour les adultes, explorez une tarification dynamique (plus les gens achètent tôt, moins le coût est élevé ; le coût augmente plus on approche de l’événement).
  • L’état de santé : CAPACOA indique que « l’accessibilité ne doit toutefois pas se limiter aux adaptations à l’environnement bâti; l’accessibilité veut aussi dire traiter les gens de façon sensible et authentique. » Le vieillissement des publics est une réalité. Vous pouvez créer votre propre club d’aînés dont les membres accepteront de s’aider mutuellement pour participer à vos activités. Les personnes aux prises avec des handicaps sont souvent négligées par les diffuseurs. En vous associant aux organismes qui les représentent ou les desservent, vous pourriez explorer des façons de les rejoindre et de les accueillir.

La mise en œuvre des quelques solutions évoquées dans ce billet exige une volonté réelle de votre part d’accommoder de nouveaux publics. Cela peut nécessiter l’abandon de certaines de vos habitudes bien ancrées. Vous pouvez toujours considérer d’aller de l’avant avec une solution sous forme d’un projet pilote. Ainsi, votre engagement n’est pas permanent, mais mesuré et évalué, données et expériences pertinentes à l’appui.

Une chose est certaine : si vous vous attendez à ce que les gens surmontent les obstacles énumérés ci-haut d’eux-mêmes, vous vous leurrez. Vous devrez intervenir pour leur faciliter la tâche.

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