Comment concilier les intérêts du milieu artistique et ceux du public

J’ai beaucoup d’admiration pour le travail et les observations de la responsable principale de l’engagement des marchés chez IMPACTS Reasearch and DevelopmentColleen Dilenschneider. C’est pourquoi je la cite souvent sur ce blogue.

Une de ses interventions me semble toute indiquée pour les gens qui participeront cette semaine à la septième Biennale Zones théâtrales du Centre national des arts d’Ottawa : à titre d’artistes et d’organismes artistiques, vous pouvez déterminer ce qui vous semble important, mais c’est le marché qui décidera si ce que vous lui proposez est pertinent.

Il est tout à fait normal que des créatrices et des créateurs identifient et développent ce qui leur tient à coeur, qu’il s’agisse d’un thème, d’un sujet ou d’une œuvre en particulier. C’est leur métier. Ils passent beaucoup de temps à y réfléchir avant de se présenter sur scène. Mais qu’advient-il lorsque les publics avec lesquels les artistes veulent interagir ne partagent pas leurs préoccupations ou méconnaissent le sujet en question ?

Il en revient alors aux artistes et aux organismes artistiques d’éduquer, d’animer et d’introduire le public à leurs réflexions et à leur travail. Ils doivent jeter des ponts vers les consommateurs en mettant de l’avant la pertinence d’une production, notamment en la contextualisant.

Comment établit-on ces rapports avec le public ? Voici mon grain de sel :

  • Évitez de travailler dans une bulle. Prévoyez des moments pendant la période de création où vous communiquerez avec le public et lui ferez part de ce que vous préparez. N’attendez pas la veille de la première pour vous manifester !
  • N’agissez pas dans le secret ! Parlez de votre travail avec vos amis, vos collègues et vos parents. Recommandez à vos collaboratrices et à vos collaborateurs d’en faire autant. Parlez-en de vive voix et sur les réseaux sociaux, photos et capsules vidéo en appui. Vous soulèverez ainsi la curiosité des gens dans votre entourage. Ces personnes pourront ensuite partager leur anticipation avec leurs connaissances. C’est ce qu’on appelle la promotion bouche à oreille.
  • Identifiez les personnes et les groupes les plus susceptibles de s’intéresser aux questions que vous soulevez, que vous aimeriez voir dans votre salle et allez à leur rencontre. Ne vous faites pas d’illusion : ces gens ne viendront pas vers vous d’eux-mêmes.
  • Et lorsque vous partagez des informations, ne soyez pas cryptiques. Faites fi du jargon du métier. Faites preuve plutôt de franchise, d’ouverture et de clarté. Vos interlocuteurs vous en seront reconnaissants.

Ouvrir une fenêtre sur votre métier, prendre le temps d’expliquer aux gens ce que vous êtes en train de faire : ces actions ne contribuent pas à un nivellement vers le bas de votre travail. Au contraire, elles l’appuient ! Vous vivez votre art 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Pendant ce temps, le public a son propre quotidien. Il ne peut anticiper un spectacle dont il ne connait rien.

Si vous n’établissez pas de rapports directs en amont avec vos publics, ils vous ignoreront.

P.-S. Ne comptez pas uniquement sur les médias traditionnels pour répandre la bonne nouvelle à votre propos. Ils travaillent de plus en plus avec des effectifs réduits et plusieurs d’entre eux ont restreint le temps et l’espace qu’ils consacrent à la couverture des arts et de la culture. Relevez vos manches ! Vous êtes mieux placés que quiconque pour parler de votre travail.

Developpez votre auditoire

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