Retour sur le Sommet sur les arts à l’ère numérique du Conseil des arts du Canada

Le Conseil des arts du Canada (CAC) m’a invité à participer à son Sommet sur les arts à l’ère numérique qui a eu lieu à Montréal, du 15 au 17 mars derniers. Je l’en remercie.

Je voulais vous en parler plus tôt, mais j’avais simplement trop de choses à faire à mon retour au bureau pour y voir aussi rapidement. Vous m’en excuserez.

L’événement rassemblait environ 300 personnes de partout au pays, conviées à une réflexion sur l’impact des nouvelles technologies sur le travail des artistes et des organismes artistiques, sur leurs approches, stratégies et outils de communication, de même que sur les rapports qu’ils doivent entretenir avec le public. Les médias ont couvert le Sommet. Voici quelques reportages à ce propos : La Presse+, Le Devoir et le Huffington Post Québec. Et ce texte du New York Times qui tombe pile. Vous retrouverez aussi les commentaires et les observations des participants sur Twitter sous le mot-clic #ArtsÈreNumérique.

Il est facile de se laisser emporter par les idées qui émanent d’une telle rencontre, lorsque des conférencières et des conférenciers reconnus s’amènent au micro et vous font part de leurs connaissances, avis et visions des liens qui devraient exister entre les arts et le numérique, sans oublier ces quelques délégués toujours méfiants de ces changements et les autres qui y adhèrent.

Malgré tout, je suis sorti de cette bulle convaincu que le numérique peut jouer un rôle important dans le rayonnement des arts et le développement de publics, en compagnie d’autres approches.

Voici ce que j’ai entendu et retenu de toutes ces présentations et discussions pour les besoins de ce blogue:

  • Veut, veut pas, la technologie est ici pour rester.
  • Faire de l’art peut être une fonction prédominante de la technologie.
  • Le directeur et chef de la direction du CAC, Simon Brault, a affirmé ce qui suit : «Si le secteur des arts recèle d’une capacité de création immense et illimitée, il doit aujourd’hui augmenter sa capacité et sa volonté d’innover. La bonne nouvelle, c’est que la création véritable et l’innovation authentique puisent à la même source : celle l’imagination et de l’invention. Il nous faut répondre aux disruptions facilitées par le numérique en innovant à notre tour, en proposant des changements radicaux d’expérience et des bénéfices supérieurs pour les citoyens (nos clients). Refusons le confort de la conformité à des règles que nous avons nous-mêmes édictées ou adoptées en d’autres temps. Renforçons ce qui nous définit pour mieux nous affirmer, pour mieux communiquer, pour mieux susciter l’engagement du public envers les arts. Les avancées et les disruptions du numérique nous donnent des occasions pour innover. Nous avons en ce moment des moyens pour le faire dans nos propres termes, profitons-en avant qu’il ne soit trop tard. Libérés de l’obsession de la technologie pour la technologie et de nos certitudes prénumériques en matière de partage de l’art, dotons-nous d’une pensée numérique progressiste, humaniste et éthique. Du même souffle, dotons-nous d’une gouvernance numérique qui favorise l’équité, l’engagement, la diversité, la transparence, l’ouverture, l’agilité, la primauté des droits et la responsabilité d’un développement humain durable.»
  • Nous passons d’une économie d’attention à une économie d’intention. Les consommateurs sont conscients de leurs besoins et s’attardent à la qualité des informations qu’on leur fournit. Ils pourraient même être tentés d’influencer les fournisseurs de services pour que ces derniers répondent à leurs attentes.
  • Au lieu de parler de réseaux sociaux, pourquoi ne parle-t-on pas de réseaux coopératifs, de réseaux d’abonnements pour faciliter l’acquisition et le partage de connaissances, pour tisser des liens de confiance entre les gens? Les organismes artistiques pourraient-ils se doter de plateformes médiatiques coopératives pour parler de leurs activités, pour interagir avec le public?
  • Les J’aime que vous récoltez sur Facebook ne poussent pas nécessairement les gens à l’action. Songez aux personnes à qui vous adressez vos affichages. Vous ne communiquez pas avec la planète, mais plutôt avec un village ou une communauté de fidèles. Posez-vous les questions suivantes: quelles personnes composent mon auditoire? Qui en est absent? Comment est-ce que j’interagis avec tous ces gens? Gardez en tête que votre auditoire a son propre auditoire en ligne et en personne. Alors racontez-lui une histoire, insérez-y des personnages qui humaniseront votre récit et permettront à vos interlocuteurs de mieux comprendre votre univers. Mettez-vous toujours à la place des gens que vous courtisez pour déterminer les meilleures façons de leur parler et de les rejoindre.
  • Le numérique permet au public d’accéder à ce qu’il veut. Il faut donc lui offrir des informations comestibles (utiles, accessibles).
  • Le numérique a changé les rapports que nous entretenons avec notre entourage. Nous sommes passés d’une hiérarchie à une lignarchie (connectés les uns autres autres). La connexion, l’interconnexion et la multiplication sont des caractéristiques du numérique.
  • Artistes et organismes, faites ce que votre cœur vous dit de faire, puis rendez-le accessible au public.
  • Le numérique, c’est d’abord des outils. Le gros défi qui l’accompagne, c’est le changement constant de nos outils et de nos façons de faire. Nous sommes constamment en apprentissage.
  • La formation des futurs artistes devrait inclure une introduction au numérique.

Je me rallie à l’affirmation que «le numérique, c’est d’abord des outils». Votre contenu et l’intérêt qu’il soulève après du public sont encore plus importants que les plateformes que vous utilisez. Songez donc à la qualité de vos informations, à leur pertinence pour les gens auxquels vous vous adressez.

Gardez en tête que la technologie n’est pas la panacée. Elle s’ajoute aux efforts que vous déployez pour courtiser vos publics, y compris vos interactions directes avec vos clientèles visées. Le bouche à oreille demeure votre outil promotionnel le plus important (ce que les gens racontent à votre propos quand vous n’êtes pas dans la pièce).

Par contre, il est clair que vos stratégies promotionnelles doivent comprendre une présence numérique vigoureuse, créative et interactive. C’est une combinaison d’éléments qui assurera le succès de vos initiatives de communication et de développement de publics.

Developpez votre auditoire

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